Loin de moi l’idée de remettre en cause l’état des lieux. J’ai d'ailleurs été l’un des premiers à mettre l’accent sur notre déficit commercial qui traduit notre problème majeur de compétitivité.
Combien de fois ai-je dû répéter que les déficits sont davantage liés à la disparition d’un million d’emplois industriels en 10 ans qu’à des gaspillages ?
Et c’est là où la fameuse mise en garde de Bruxelles devient stupéfiante, car qui est responsable principalement de la récession européenne ? C’est bien évidemment le carcan bruxellois qui, depuis 20 ans, impose :- un libre échange déloyal qui tue nos entreprises ;- une monnaie trop chère alignée sur l’ancien mark allemand ;- un secteur financier obèse ;- une prolifération de normes plus absurdes les unes que les autres, dans le cadre d'une politique de la concurrence intérieure dont on finit par se demander si son objectif n'est pas de détruire purement et simplement toute puissance économique européenne...
Croit-on sincèrement que c’est en mettant en œuvre les fameuses réformes dites structurelles de Messieurs Barroso, Monti et consorts, que l’on va redresser la compétitivité française ? On a vu les résultats en Grèce ou en Espagne.
Faciliter les licenciements quand il y a un chômage extravagant ne sert à rien d’autant qu’aujourd’hui la plupart des contrats sont malheureusement des CDD.
En vérité Bruxelles, soutenue en cela par l’Allemagne, veut niveler par le bas l’Europe et l’aligner sur une mondialisation inhumaine.
La solution pour sortir de la crise est, bien sûr, à l’opposé. Il faut certes être économe, baisser les charges de nos PME, améliorer l’efficacité de nos services publics. Mais cela ne suffira pas tant que l’on ne mettra pas en œuvre le protectionnisme intelligent et la flexibilité monétaire.
L’Europe est au pied du mur, faute de prendre ses responsabilités pour défendre ses intérêts dans la mondialisation.
Nicolas Sarkozy a été battu parce qu’il avait fait le choix de Bruxelles et de l’Allemagne au détriment de la croissance.
Mais François Hollande paiera aussi très vite son grand écart entre d’un côté ses discours de croissance et de l’autre sa soumission de fait à l’européisme mondialiste. En acceptant le pacte budgétaire sans réelle inflexion de la stratégie économique européenne, il signe son arrêt de mort politique.
Car il est évident que les Français ne vont pas retrouver l’équilibre budgétaire, qui ne saurait résulter que d'une dynamique de redressement économique, sans changer le cadre général de la construction européenne.
L’automne va être sportif ! Ce sera l’occasion de convaincre les Français que nous sommes les seuls à Debout la République à proposer, loin de la résignation de l’UMP ou des effets de manches du PS, une véritable alternative politique, économique et sociale.
C'est pourquoi, dès maintenant, il nous faut relever le mieux que nous pouvons le défi des élections législatives. Chaque voix comptera : plus nous pèserons en juin, plus nos idées pèseront dans la vie politique nationale ces 5 prochaines années !
Nicolas Dupont-Aignan
